La Fête Monstrueuse

Donc, on a traversé le pont, direction est, centre ville. Quant aux infos on était 15 – 18 000 personnes. Pour la première fois Inverness avait l’air d’une grande ville. On venait de voir une bonne animation avec matos de qualité.
Les monstres qui nous précédaient sur le pont étaient disparus quand on atteignait Bridge Street, mais il y avait un groupe louche qui jouait des djembés sur les marches d’un magasin sur une rhythme complexe. Montant à High Street on a croisé un groupe de monstres, moitié chiens afghanes, moitié giraffes. Quelques autres, genre vélociraptor, se tenaient à l’écart, mais ils avaient l’air nettement moins bienveillant.
On a continué jusqu’à l’Eastgate où on trouvait une groupe d’insectoïdes humaines qui jouait au banjo, tambour et à la tuba (!) la tube du feu James Brown – moi aussi, I felt good! Dou, dou, dou, dou, dou, dou, dou! La foule chantait mieux que le groupe, mais, bon, c’était une fête de la rue et le groupe nous filait le genre de musique qu’il nous fallait!
On traversait Innes Street vers Falcon Square et la foule devenait encore plus dense. On s’est trouvé en vis-à-vis avec les vélociraptors, un peu effrayant mais ils nous ont trouvés trop minable pour s’en soucier. On est entré dans Falcon Square qui était déjà bondé. Il y avait des milliers de gens autour de nous. On a retrouvé des copains et on a échangé nos meilleurs vœux et on a pas mal discuté. Par hasard on avait une bouteille de la tradition écossaise, mais personne était bourré et une ambiance cordiale continuait.
Devant nous il y avait un énorme cric qui abritaient Pizza Express. Une toile d’arraignée en grosses cordes y était suspendu et depuis ça il y avait un cadre de tuyaux enroulés. je n’arrivais pas à le déchiffrer. Au sommet de la toile, une cloche était suspendu sur une balançoire de gymnaste où perchait un mec en kilt. On voyait bien qu’il ne le portait pas à la mode “commando”. Il y avait huit podiums qui encerclait le machin. C’était la première vue de Transe Expresse (google les!), les stars de la Fête Monstrueuse, le ballet aérien Marseillais.
Les petits podiums étaient équippés de flammes que surveillait un des assistant de la troupe. Huit musiciens se relayaient sur chaque podium, le roulement sur un coup de cloche du mec en kilt. Ils portaient tous des vêtements pour la plupart blanches, qui ressemblaient à des costumes de la commedia du 17e / 18e siècles. Ils étaient chacun différent, mais ma préférée était celle qui soulevait toujours sa jupe `a la Moulin Rouge en essayant de provoquer la foule. La pièce s’appelle “Maudits Sonnants”, mais je ne le comprenais pas trop bien. Il faisait doux et, malgré l’invitation d’un des comédiens de rentrer chez nous, la foule était fixée sur place.
Enfin le cric a commencé à soulever la toile de cordes sur un autre coup de cloche, et les cordes se transformait en cloche. Le cadre enroulé en bas ressemblait à huit pétales pliées en haut. Pui, d’un seul coup, les personnages qui nous avaient amusés sur leur podium sont montés en l’air faisant partie du machin montant sous le cric avec le kilté. Trois gymnastes étaient suspedus sur d’autres balançoires, presque invisible dans leur manteaux noirs. Le tout montait en l’air pendant que les musiciens jouaient un air sur leur cloches et tambours bien fixés (espérons) au machin. La musique était hivernale et d´licate sur le fond de la grande cloche, pas toute à fait les cloches de toboggan, plutôt un automate d’antan. Cétait épatant de le voir tourner, monter, illuminé de lumières blanches et bleues – et tout au coeur d’Inverness! Je n’ai jamais rien vu de pareil. Quelqu’un disait que c’était une fois de la vie, et c’est exact. Si j’ai la chance de les revoir je saurai me repérer.
Les gymnastes s’y sont mis, enlevant leur manteau et se comportant en automates un moment. Et puis les pétales se dépliaient et les musiciens dégageaient le bas du machin qui se transformait pour faire place aux gymnastes. Ils prenaient chacun leur tour pour parfaire des manoeuvres dangereux et élégants. Le machin entier se tournait et retournait en tintant comme la cloche elle-même qui servait de fondation à la pièce entière. Il y avait un brin du Bossu de Notre Dame et un autre de dystopie technologique, genre ancien science-fiction. Le tout était beau, malgré le short du kilté. Il accélerait le tempo à une frénésie de cloche, un vrai carillon, pendant que les assistants allumaient un feu ou une fusée en bas. Puis la structure entière semblait trembler sauvagement et est vite descendu par terre aux applaudissements et bravos de l’assistance.
Une seule voix d’opposition était le mec bourré qui disait, “Putain de Jingle Bells encore une fois,” mais il prévoyait peut-être la gueule de bois de son lendemain.
Fan ta schtique! Je serai maintenant plus compréhensif des campanologistes du cathédrale.
Sur la route du retour boire un verre pour nous rechauffer, on s’est arrêté se payer des frîtes au West End Chippie. Il y avait quatre personnes devant nous au magasin et puis dix qui nous suivaient. La dame nous disait qu’on devait attendre les frîtes une demi-heure, donc on s’est tiré. Ça manquait un peu d’entreprise et de vision, mais peut-être que les vélociraptors sont passés avant nous tout bouffer.
Ça n’a pas gâché une soirée extraordinaire.

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One Response to “La Fête Monstrueuse”

  1. marc bernad Says:

    Bonjour!

    Ce compte rendu est tout à fait touchant pour moi puisque je suis un des carilloneurs qui a donc procuré les émotions racontées… Merci pour ce récit qui donne du sens à mon métier d’artiste du spectacle.

    Marc Bernad. Le Clocheteur des trépassés/The Ringer of death

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